A Le grisou

A Le CO2

A Les éboulements

A L’anthracose

A La silicose

 

Les dangers

 

Le grisou

 

L

es grandes catastrophes minières, notamment celle de Saint-Étienne et surtout celle de Courrières en 1906 avec ses 1 099 tués en un seul accident, ont associé dans l’imagerie populaire la mine au grisou.

 

Celui-ci, semblable au gaz des marais, issus de la décomposition des végétaux à l’origine de la formation de la houille, explose à la moindre étincelle quand sa proportion atteint 3 % de l’air ambiant. Le Bassin eut sa part d’accident de ce type tout au long des XIXe et XXe. Un coup de grisou fit 4 morts en 1955 à La Combelle, à cause d’une étincelle provoquée par le circuit électrique.

 

Autre gaz redoutable, le CO2

 

Le 20 mai 1952, au Puits du Parc de Frugières-les-Mines en Haute-Loire, 12 mineurs se trouvèrent pris au piège, dans un secteur non desservi par la cage principale. Un dégagé instantané de gaz carbonique dans un plan incliné les rattrapa avant que les secours aient pu s’organiser. Leurs obsèques virent toute la population du Bassin communier dans la même douleur.

La région y connut la pire catastrophe de son histoire.

 

Les éboulements

 

Les éboulements, par leurs répétitions quasi-quotidiennes, furent cependant la plus grande cause de mortalité au travail. La qualité du soutènement mobilisait l’attention que l’on devine.

Mais l’accident guettait tout de même en permanence.

Le boisage devait être fait en sapin. Celui-ci, bien que moins résistant que le chêne, présentait un avantage considérable, il craquait, prévenant ainsi le boiseur des poussées du terrain. Le chêne, lui cassait sans prévenir.

Dans les périodes difficiles, comme les guerres, le sapin se trouva rationné, ou remplacé par du chêne. Quelques mineurs du Bassin le payèrent de leur vie. 

Enfin, les grandes galeries, souvent creusées dans la roche, ne bougeaient quasiment pas.

Par contre, les chantiers se trouvaient généralement dans des terrains plus instables, et les mineurs n’avaient pas toujours la possibilité de faire des boisages provisoires très soignées, dits en « caisse à savon ».

 

L’anthracose

 

L’anthracose, ou l’engorgement des poumons par la poussière de charbon, réduisait les capacités respiratoires des mineurs et les obligeait à cesser tout travail de force.

Mais s’ils quittaient la mine assez tôt, et trouvaient un emploi adapté, ils pouvaient continuer à vivre de longues années sans trop de problèmes. Car, si l’engorgement ne diminuait pas, ils ne s’aggravait pas.

 

La silicose

 

La silicose, elle s’aggrave continuellement. Découverte en 1855 sur un groupe de mineurs de fer du Massif du Harz en Allemagne, elle est définitivement diagnostiquée et établie en 1914 grâce aux études conduites en Afrique du Sud chez les mineurs d’or.

Il faudra cependant attendre 1945 pour qu’elle soit reconnue maladie professionnelle en France.

Les poussières microscopiques (inférieures à 5 µ) de roche –la silice- s’accrochent aux alvéoles pulmonaires. Le poumon, pour se protéger, enrobe cette particule d’une couche de chair. Malheureusement cette réaction ne s’arrête pas.

Au début la radiographie montre une multitude de points blancs -le semis de silicose-, qui grossissent et finissent par se rejoindre.

 

Le mineur doit passer devant une commission de médecins, qui lui attribue un taux de contamination. Celui-ci doit être régulièrement réévaluer en fonction de l’évolution de la maladie. Les malades et les veuves se plaignent presque tous de refus réguliers d’augmentation des taux de silicoses par les commissions. Comme les indemnisations sont calculés sur ces taux, le soupçon apparaît vite que l’on veut fait des économies sur le dos des silicosés et de leurs familles. D’autant plus qu’un silicosé qui meurt à l’hôpital se voit attribuer une cause de décès extérieure à la silicose, ce qui empêche souvent la veuve d’être indemnisée.

Il serait bon d’ailleurs que la transparence à ce sujet s’améliore.

 

 

 

Stèle commémorative de la catastrophe

de Frugères-les-Mines (1952)

 

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